La cantatrice sud-africaine Pretty Yende

Je rappelle donc les faits : en juin 2021, Pretty Yende, qui vient de se produire à la Scala de Milan, arrive à Paris où elle doit se produire dans un opéra de Bellini, au Théâtre des Champs-Élysées. À son arrivée à l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, elle fait l’objet d’un contrôle sévère de la police aéroportuaire, pour vérifier si son visa est en règle. Fouille au corps, la cantatrice est entièrement déshabillée et placée en cellule de rétention. Elle a beau demander que son ambassade soit contactée, Pretty Yende fait l’objet d’une brutalité proportionnelle à ses protestations. Elle dit avoir été insultée et avoir fait l’objet de traitements dégradants. « La violence policière est réelle, pour les gens qui me ressemblent. Ils m’ont déshabillée et fouillée comme si j’étais une criminelle et m’ont placée dans une cellule. J’ai été victime de mauvais traitements, de discrimination raciale, de torture psychologique et de commentaires racistes. »

Le traitement raciste est là, « ordinaire » dans son expression et violent dans ses répercussions. C’est celui qui concerne toute personne soupçonnée d’une irrégularité quelconque en ces lieux de passage et de voyage, en raison de sa couleur de peau, de son aspect physique et de son pays d’origine.

Il y a un an, Pretty Yende était reléguée à la prison de son épiderme par des policiers français à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle. Aujourd’hui elle est honorée par la République française qui consacre son immense talent. Ainsi va le continuum de la vraie vie pour une cantatrice de talent originaire de Johannesburgh.

Pretty Yende : Lucia di Lammermoor – Air de la folie © Opéra national de Paris