Raphaël Sévère © Matt Dine

Intelligence à tous les étages, et cette merveille qu’on croit être la spontanéité, indispensable pour Mozart (en fait, un travail de tous les détails, mais aussi ce don de l’énonciation mozartienne juste). Infinie suavité du timbre, accents d’une sensibilité confondante, énergie de la pulsation : l’esprit et l’âme sont comblés dans ce que parvient à accomplir Raphaël Sévère dans ce concerto de Mozart, l’une des dernières partitions écrites par lui. Pour moi qui ai eu la chance de connaître l’un des meilleurs clarinettistes français et qui lui avais dit ma vénération pour cet instrument que vénérait Mozart lui-même par dessus tout, la découverte de Raphaël Sévère fut un très grand moment de 2022, que je vous invite à faire à votre tour cette année.

À 15 ans, Raphaël Sévère avait été nommé aux Victoires de la Musique (il avait remporté le concours de Tokyo à 12 ans) : parler de prodige à son endroit serait tout à fait justifié, si ce n’était faire offense à l’ampleur de sa personnalité de musicien, qui dépasse déjà l’éclat du météore (gauche) ; dans le Concertino de Weber en 2013, remarqué par Arte (milieu) ; en 2015, à 20 ans, le voici aux Victoires de la Musique, dans l’adagio du concerto de Mozart (avec l’orchestre national de Lille dirigé par Jean-Claude Casadessus) : .

Le site de Raphaël Sévère : http://www.raphael-severe.com/