
Naji Hakim est un artiste qu’on ne présente plus. Il demeure une grande figure musicale de notre époque, au carrefour d’une tradition organistique française rigoureuse et d’une ouverture esthétique marquée par ses origines levantines. Héritier direct de Jean Langlais et diplômé du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, il poursuit une double trajectoire où la discipline contrapuntique et harmonique s’allie à une réinvention constante du langage organistique. Sa musique, tout à la fois structurée et colorée, manifeste une intégration maîtrisée des matériaux orientaux et orientalistes au sein d’un discours dûment occidental, ce qui renouvelle substantiellement la poétique de l’orgue. Titulaire des grandes tribunes parisiennes, notamment du Sacré-Cœur et de la Sainte-Trinité, où il succéda à Olivier Messiaen, Hakim s’inscrit dans la continuité d’une lignée d’organistes-compositeurs pour qui improvisation et composition dialoguent dans un même souffle créatif. Son œuvre manifeste une esthétique à la fois savante et solidement enracinée dans les formes traditionnelles, tant occidentales que levantines. Que lui soit ici adressée notre gratitude pour le texte éclairant qu’il a bien voulu nous confier, miroir fidèle de la richesse de son parcours et de sa pensée.
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