L’école britannique

Dans ces évolutions et en se plaçant dans la perspective des apports britanniques à la restitution de Vivaldi, c’est certainement dans le sillage de Trevor Pinnock et de ses accomplissements que se situe la signature de Rachel Podger. Je rappelle que les enregistrements vivaldien de Trevor Pinnock à la tête de l’English Concert (Simon Standage en soliste le plus souvent) – analysées dans le portrait que proposait Sostenuto du grand musicien anglais – dépassent en l’occurrence la seule contribution, allant dans le sens de cette quintessence d’un Vivaldi parcouru avec ce même souci d’équilibre entre l’énonciation dynamique et la fluidité du chant mélodique. Il faut rappeler d’ailleurs que Rachel Podger a été membre soliste de l’English Concert, avant d’en prendre la tête en 1997 en tant que directrice musicale, et d’enregistrer un album remarqué en 2001, consacré aux Sonates pour violon et piano de Bach avec Trevor Pinnock justement. Une connivence qui explique qu’une transmission se soit opérée entre cette « rigueur en fluidité » manifestée par les enregistrements vivaldiens du grand chef et claveciniste anglais et ceux de Rachel Podger, et qui permet de mieux envisager un réel passage de relais. Il est donc notable de considérer ici un versant britannique de ce renouveau des approches concertantes de Vivaldi Ces enregistrements, d’abord parus individuellement durant toutes ces années précitées, ont été réalisés avec trois formations différentes pour chaque recueil (Arte dei Suanatori pour La Stravaganza ; Holland Baroque pour La Cetra ; Brecon Baroque pour L’Estro armonico et Le Quattro Stagiioni).

Vivaldi: Concerto pour quatre violons, violoncelle et cordes en si mineur n° 10 op. 3 (L’Estro armonico), RV 580, par Rachel Podger, Aliza Vicente Aranda, Tamami Sakanaga, Giulia Manfredini, Schola Cantorum Basiliensis, dir. : Rachel Podger

Splendeurs et misères de l’entre-deux